Séance du 3 avril : Histoire de la maison de santé « La Villa Moderne » à Arcueil

Atlas des communes du département de la Seine 1901
À la fin du XIXe siècle existait à Arcueil une maison de santé appelée « Villa Moderne ». Elle était située route d’Orléans entre la Croix d’Arcueil et la Vache Noire. Moins illustre que la clinique du Dr Blanche à Passy où séjournèrent  aristocrates et grands bourgeois guettés par la folie et où mourut Guy de Maupassant, elle fut pourtant fréquentée par des célébrités. Ainsi deux poètes et hommes de théâtre y sont décédés : le 5 mai 1904, à 48 ans, Jacques Le Lorrain, auteur du "chevalier à la longue figure"inspiré de Don Quichotte et le 30 novembre 1918, à 74 ans, Paul Demeny, resté célèbre pour ses relations avec Arthur Rimbaud. Leur décès à la « Villa Moderne »  m’a conduite à faire l’histoire de cette maison de santé privé, dont j’ai découvert que subsistaient aujourd’hui plusieurs de ses pavillons. Malgré l’absence de sources spécifiques dans les archives publiques, j’ai trouvé son premier propriétaire Alexandre Victor Rohr et trois éminents médecins qui y exercèrent : l’orthopédiste Paul Archambault, le neuro-chirurgien Antony Chipault et l’oculiste Auguste Chevallereau. C’est un peu les progrès de la médecine à la fin du XIXe que je vous propose de découvrir à travers l’histoire des techniques médicales et des praticiens de la Villa Moderne. Annie Thauront

Séance du 15 mai : La longue histoire de la viabilisation du lotissement « la Villa Moderne » à Arcueil

La Villa moderne actuelle vue du ciel
Le 23 février 1923, Alphonse Alonzo, un entrepreneur des travaux publics parisien, achetait l’ancienne maison de santé « La Villa Moderne » avec son terrain et ses anciens bâtiments. Il créait une allée en U qu’il appelait « la Villa Moderne » pour desservir les parcelles de sa propriété mises en vente à partir de 1925. Mais très vite, il apparut que, malgré la loi du 19 juillet 1924, M Alonzo, avant de vendre, n’avait pas rempli ses obligations pourtant inscrites au cahier des charges. Le tout-à-l’égout, notamment, se déversait dans un puisard situé dans des vides de carrière en arrière de la Villa. Je vous propose de découvrir qui étaient le promoteur et les premiers acquéreurs de « la Villa Moderne ». Quels furent les démêlés de ces « mal-lotis » avec le lotisseur et la mairie pour obtenir que les dépenses d’assainissement de la voie privée ne soient pas à leur charge ? L’histoire de la viabilisation de « la Villa Moderne » dura plus de quarante ans. Il y eut encore des problèmes d’assainissement en 1966 malgré des travaux effectués en 1964 à l’occasion de la création des HLM de la Vache Noire. Cette séance ne sera pas la dernière. Nous prévoyons une autre séance qui sera consacrée aux nombreux artistes ayant habité ou habitant encore la Villa Moderne. Annie Thauront

Le village d’Arcueil, lieu de villégiature préféré de Pierre de Ronsard et de ses amis.

Au XVIe siècle, Le cercle poétique de Pierre de Ronsard, appelé dans un premier temps la Brigade puis ensuite la Pléiade, ont l’habitude de faire une partie de campagne festive dans le petit village d’Arcueil au sud de Paris. Deux journées particulières seront évoquées dans l’œuvre de Ronsard et de certains de ses amis poètes :
En 1549, « Les Bacchanales ou le Folâtrissime Voyage d’Hercueil (…) »
En 1553, des Dithyrambes relatant l’histoire d’un bouc, héros d’une « pompe » païenne à Arcueil qui valut à Ronsard d’être accusé d’hérésie à l’initiative du curé de Gentilly et des milieux protestants.
Des poèmes ronsardiens, avant ces événements et après ceux-ci, citeront aussi Arcueil. Son maître Jean Dorat, Rémy Belleau, Jean-Antoine de Baïf, Nicolas Ellain, Jean Passerat, Jean Godart, parmi d’autres, rendirent hommage aussi à Arcueil dans leurs poésies. Ronsard et son ami Jodelle aurait eu une propriété à Arcueil. Un quartier d’Arcueil rend hommage à ses poètes. Henri Toulouze

Lire le dossier : Ronsard et Arcueil.

Lire le dossier : Le folastrissime voyage d'Hercueil.

Lire l'annexe généalogique concernant Pierre Ronsard.

Chronique sur image : l'aqueduc d'Arcueil d'Adolphe Braun.

Photo Adophe Braun 1871 (cliquez sur l'image)
Chronique sur image a eu pour sujet une photographie de l'aqueduc d'Arcueil d'Adolphe Braun datant de 1871. Adolphe Braun est un photographe français né le 13 juin 1812 à Besançon et mort le 31 décembre 1877 à Dornach (Mulhouse). Sa photo de l'aqueduc est extraite d'une série intitulée : Le Théâtre de la guerre à Paris, Strasbourg et Belfort. Elle a été prise depuis la redoute des Hautes-bruyères à Villejuif, pendant la guerre franco-prussienne dite de 1870. Cette photo offre une vue panoramique de la commune intéressante et a donné matière à la rédaction d'un commentaire développé lors de notre séance du 16 janvier. Bruno Teste

Lire le commentaire de la photo de l'aqueduc d'A.Braun

Paul Demeny, poète oublié, célèbre par la correspondance d'Arthur Rimbaud.

Le 30 novembre 1918, à la Maison de Santé « La Villa Moderne » à Arcueil, décédait, à l’âge de 74 ans, Paul Demeny, homme de lettres et éditeur. Si Paul Demeny est connu encore aujourd’hui, c'est en raison de la remise entre ses mains par le jeune Arthur Rimbaud à l’automne 1870 d’un recueil de vingt-deux poèmes (dont le Dormeur du Val) appelé le « Recueil de Douai » ou
« Cahier de Douai » puis d’une lettre dite « La Lettre du Voyant », manifeste poétique du jeune homme. Rimbaud voulait se faire éditer. Mais un peu plus tard, Rimbaud demandait à Demeny de brûler les poèmes qu’il lui avait adressés. Heureusement, Paul Demeny n’en fit rien.
Il faudra attendre 1891 pour que les poèmes du Cahier de Douai soient édités mais par un autre éditeur que Demeny. Henri Toulouze 

Lire le dossier sur Paul Demeny

Lire l'annexe sur la généalogie de Paul Demeny

Extraits croisés Arthur Rimbaud / Paul Demeny

Voir l'arbre de Paul Demeny sur Généanet 

Prosper Lucien Pirou : Maire et forçat

Prosper Pirou
Prosper Pirou possédait une tannerie à Gentilly (39 Rue d'Arcueil), un magasin de vente à Paris (53 Quai de Valmy), un appartement Rue Gabriel Vicaire et une mine d'Anthracite en Bourgogne avec Mr de Burgat (Domicile Rue Nollet).
Il avait épousé une riche héritière, fille d'un banquier de Saint-Quentin 02 et ancien commissaire-priseur. Il fut acculé à la faillite et chercha à extorquer des fonds à Mme Chabrux et sa sœur Mme Solet, vivants au Perreux 94 (12 Allée de Marigny).
Il tenta de les assassiner le 28/12/1912. Son avocat, Maître Henri-Robert demanda l'acquittement au bénéfice du doute, mais l'avocat général, la peine de mort. Il fut condamné le 19/04/1913 à 15 ans de travaux forcés, rayé des listes électorales et sa société mise en faillite. Parti dans le même convoi qu'Eugène Dieudonné condamné dans l'affaire de la bande à Bonnot, il obtint, chose rare, une concession agricole à lors de sa double peine. Concession sur laquelle il fut assassiné (décapité au sabre d'abattis) pour être lui-même volé le 22/09/1922. Albert Londres en parla brièvement, il aurait été libéré en 1927. Maire de Gentilly de 1912 à 1913. Révoqué de ses fonctions le 28/06/1913. Il finit bagnard assassiné en Guyane. Étonnant parcours ! Bruno Teste

Lire le support de séance de Prosper Pirou, Maire & forçat

Anthroponymie française

Pieter Brueghel l'Ancien
L'anthroponymie est l'étude des noms de personnes. C'est une des branches de l'onomastique (étude de l'origine et de l'évolution des noms propres) Il existe à ce sujet de nombreux ouvrages, mais en consultant ces sources, il ne faudra pas tirer de conclusions trop hâtives, car le nom attribué à quelqu’un, l’a souvent été en tenant compte de certains paramètres relatifs à la personne, tels que sa profession, sa physionomie, ses qualités ou défauts, ses habitudes, ses origines, etc. Au regard des statistiques, on peut malgré tout conclure qu’une très grande majorité des noms ont pour origine d’anciens prénoms et une autre majorité non moins négligeable provient des sobriquets ou surnoms. L’histoire de notre passé mentionne des surnoms célèbres, tels que Pépin le Bref, Charles le Grand, Louis le Pieux.
Dans la plupart des civilisations antiques, un seul nom servait à désigner l'individu. Ce nom restait attaché à la personne de sa naissance à sa mort, sans héréditaire.
Seuls les Romains utilisaient un système de trois noms.
Avec l'expansion romaine, le système à trois noms s'est étendu sur tout l'Empire et notamment en Gaule.
Les invasions barbares du Vème siècle vont détruire l'Empire romain d'Occident et faire disparaître le système à trois noms en Gaule.
Les populations adoptent alors la coutume des vainqueurs, qui d’ailleurs était la leur avant l'arrivée des Romains. On ne porte désormais qu'un nom individuel, qui ne se transmet pas d'une génération à l'autre.
Ce système va perdurer jusqu'au XIIème siècle.
C'est au XIIème siècle que le processus de création des noms de famille s'amorce. Face aux problèmes engendrés par un trop grand nombre d'homonymes, le nom individuel est peu à peu accompagné par un surnom. Avec l'usage, ce surnom tend à devenir héréditaire. Ce phénomène se rencontre d'abord parmi les familles nobles, puis s'élargit à l'ensemble de la population des villes.Venez découvrir l'histoire européenne de nos noms et prénoms. Bruno Teste

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